Bribes de thèses [dig. 1] – bile noire de l’A.J.R.

Je commence ma thèse par un long détour en cuisine. Il me fallait un domaine qui puisse agir comme une intensité primale et de grande densité concrète. Le devenir-comestible de l’ingrédient, la matièralité spécifique de l’aliment découpé, l’acquisition par la même d’un certain format convenant à la prise par l’algorithme-à-trous-temporels de la recette, le jeu subtil des transmissions intimes et des héritages amassés en base de données charnelles d’une culture spécifique mais inter-opérable, les innovations technologiques et les jeux de langage, tout ceci pouvait constituer un plateau vitaliste fécond pour approcher les enjeux scientifiques propres du travail académique que je devais engager par la suite, entre le territoire et l’ordinateur, autant que constituer une échappatoire au torrent des abstractions que ce rapport véhicule.

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